Échange humanitaire No. 21 : Les situations d’urgence «tapageuses»
by ODI October 2002

Bien des agents humanitaires ont connu l’expérience frustrante et déprimante d’avoir à leur disposition des moyens insuffisants pour pouvoir répondre de manière satisfaisante aux besoins des populations dans les nombreuses situations d’urgence «silencieuses » du globe. Beaucoup ont également connu l’embarras des choix que connaît un petit nombre de situations d’urgence «médiatisées». Chaque année une crise, parfois deux, domine la réponse humanitaire internationale, c’est le cas de l’ouragan Mitch et de la famine au Soudan en 1998, du Timor oriental et du Kosovo en 1999, des inondations au Mozambique en 2000, du tremblement de terre au Gujarât en 2001, puis de l’Afghanistan. Ces crises attirent une vague d’attention médiatique, une proportion élevée de fonds émanant de donateurs officiels (et parfois de leurs armées aussi), de généreux dons privés et un déluge d’agences humanitaires. Elles laissent dans l’ombre les crises oubliées et les millions de personnes qui essaient de leur survivre.

 

Après l’accent spécial que nous avions mis sur les crises silencieuses dans le dernier numéro d’Échange Humanitaire (mai 2002), nous insistons dans ce numéro sur les situations d’urgence «médiatisées». Toby Porter analyse comment les principaux gouvernements donateurs privilégient certaines situations d’urgence par les moyens qu’ils leur consacrent et comment ils décident ainsi quelles sont les réponses humanitaires internationales majeures. L’on y parle de l’influence des médias pour galvaniser les réponses au Mozambique, tandis que Nik Gowing explore le rôle qu’il a joué dans la création de l’histoire en prenant comme exemple les événements qui se sont déroulés récemment en Cisjordanie. Le passage de l’obscurité à la une des journaux est examiné par Janet Hunt dans le cas du Timor oriental et par Penny Harrison dans le cas du Tadjikistan depuis le commencement de la crise dans l’Afghanistan voisin. D’autre part, Gani Demolli révèle quelques-unes des difficultés associées aux avantages d’être «sous les feux de la rampe» au Kosovo.

 

Le manque d’intérêt stratégique maintient dans l’ombre de nombreuses crises mais les niveaux élevés d’insécurité peuvent également éloigner les acteurs humanitaires. Dans ce numéro, Mike Gent examine comment les agents de l’humanitaire affrontent les risques qui font souvent partie du métier et Dennis King en examine les preuves sur les pertes en vie humaine dans l’exercice de ce même métier. L’agencement des données rassemblées sur le sujet fournit un modèle sur la manière dont l’information pourrait être gérée dans le secteur humanitaire, un sujet que discute ici Robin Schofield.

 

Les autres articles de ce numéro examinent les éléments nouveaux en ce qui concerne les crises inscrites dans la durée, l’intervention nutritionnelle, l’obligation de rendre de compte et la qualité, ainsi qu’une nouvelle initiative de la part du gouvernement français en matière d’orientation de politique et une législation récente au RU. En conclusion, Gerald Martone invite les organisations humanitaires à faire respecter les valeurs humanitaires, à défendre les droits de l’homme et à combler le vide en matière de protection.

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