Échange Humanitaire No. 19 : Afghanistan
by ODI November 2001

Cinq années après que les Talibans se sont emparés du pouvoir à Kaboul, Échange humanitaire consacre une grande partie de ce numéro à l’Afghanistan. Le pays possède tous les ingrédients propres à une urgence humanitaire quintessencielle, à savoir : plus de deux décennies de guerre civile brutale (dont l’Occident et les puissances régionales se sont fait complices) qui ont appauvri la majeure partie du pays, un régime répressif prêt à bafouer les droits de son peuple et qui se refuse à rendre des comptes, une catastrophe naturelle dévastatrice sous la forme de la pire sécheresse qui ait ravagé le pays depuis 30 ans, des sanctions économiques imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies qui affectent – selon les dires de nombreux agents humanitaires – la population afghane moyenne plutôt que les Talibans, une vaste population de personnes déplacées à l’intérieur du pays et de réfugiés à l’extérieur dans un monde de plus en plus hostile à l’égard des demandeurs d’asile et, enfin, une réponse de la part de la communauté internationale qui, faute de toute stratégie réelle pour mettre un terme à cette tragédie, cherche à se servir de l’action humanitaire en tant qu’instrument d’un engagement politique.

 

Nos collaborateurs se sont penchés sur divers aspects de cette crise. Mohammed Haneef Atmar, agent afghan d’un organisme humanitaire, donne un aperçu de ce que signifie pour l’Afghan moyen la politisation de l’aide, tandis que Penny Harrison de MSF explique le défi que posent à l’intervention humanitaire dans son ensemble le Cadre stratégique et la Programmation commune éthique (Principled Common Programming). Patricia Gossman, anciennement de Human Rights Watch, établit un rapprochement entre l’action humanitaire et les droits de l’homme. Alexander Matheou de la Croix-Rouge britannique, quant à lui, donne un compte-rendu sur les conséquences humanitaires de la sécheresse. Enfin, Peter Marsden, du Conseil pour les réfugiés, décrit l’ampleur de la crise afghane à cet égard et suggère comment la société civile pourrait réagir.

 

Fidèle à sa tradition, ce numéro d’Échange humanitaire se penche également de manière approfondie sur certains des enjeux clefs auxquels la communauté de l’aide humanitaire plus vaste se trouve confrontée. Jim Bishop d’InterAction évalue ce que signifie la présidence Bush pour USAID et le soutien américain pour l’action humanitaire. Des articles émanant de deux employés africains d’ONG décrivent ce que ceux-ci ont vécu lorsqu’ils ont essayé d’appliquer les idéaux de la programmation humanitaire éthique en Sierra Leone et au Sud-Soudan. Nous avons un compte-rendu sur l’utilisation des activités de promotion dans l’intervention humanitaire en Angola et sur l’intervention humanitaire suite au tremblement de terre au Gujerat au début de cette année. Françoise Bouchet- Saulnier de MSF et Carole Dubrulle d’ACF examinent le rôle du droit international et de la justice dans l’action humanitaire et quelles en sont les implications pour les praticiens de l’humanitaire. D’autres coauteurs cherchent à savoir pourquoi il nous faut des moyens objectifs d’apprécier le besoin humanitaire et pourquoi le personnel humanitaire ne peut plus se permettre d’ignorer le problème des armes légères comme si c’était le souci d’un tiers. Sean Lowrie du projet Sphere et François Grünewald du Groupe URD reviennent sur le débat sur l’obligation de rendre compte et sur la qualité abordé pour la première fois dans Échange humanitaire n° 17. Enfin, nous concluons ce numéro sur des articles émanant de l’armée et de MSF sur la question animée de la participation de l’armée à l’intervention humanitaire en cas de crise.

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