Programmes d’Alimentation Supplémentaire d’Urgence

by Jeremy ShohamDecember 1994

1. Objectifs et public ciblé

Cette étude a pour but de présenter un aperçu bref et accessible de ce que l’on pourrait qualifier de “méthodes performantes” dans la conception et mise en oeuvre de programmes d’alimentation supplémentaire (PAS) d’urgence. Elle vise essentiellement à informer les membres du personnel des ONG, de l’ONU et des bailleurs de fonds qui ne sont pas spécialistes de la nutrition et de l’alimentation d’urgence mais qui pourraient, dans le contexte d’une opération d’urgence future, avoir à prendre des décisions concernant les programmes d’alimentation. Cette étude pourrait également s’avérer utile pour les nutritionnistes qui n’ont pas une grande expérience des différentes situations d’urgence et qui ne sont pas familiers avec la série complexe de questions qu’il faut souvent examiner pour décider ou non de la mise en oeuvre d’un PAS d’urgence et de la conception éventuelle d’un tel programme.

Il ne s’agit donc un manuel technique. De tels manuels existent et sont faciles à obtenir (Annexe 1). Cette revue cherche cependant à compléter les manuels/lignes directrices existants en examinant une variété de scénarios d’urgence différents en vue de définir les meilleures formes d’intervention dans ces situations. Les lignes directrices doivent, par définition, se concentrer sur des aspects généraux plutôt que spécifiques et doivent, avant tout, être concises. Il en découle inévitablement l’impossibilité de prendre en compte de nombreux facteurs propres à des situations ou sites de programmes donnés. Ce n’est pas dire que l’expérience, la politique et la pratique des programmes d’alimentation supplémentaire menés par les organisations d’aide n’ont pas évolué à la lumière des différents scénarios d’urgence qui ont émergé pendant les 10 ou 15 dernières années, mais plutôt qu’il n’existe pas actuellement de revues qui reflètent toute la complexité des situations où des décisions s’imposent. De telles revues permettraient de compléter les lignes directrices existantes afin que les décisions puissent déboucher sur des interventions appropriées dans des situations différentes. Bien que de légères modifications aient été effectuées afin de tenir compte de la diversité des scénarios d’urgence actuels, les lignes directrices existantes mettent l’accent essentiellement sur les interventions touchant les réfugiés. Cette revue se penche donc sur les “méthodes performantes” dans une gamme plus large de scénarios qui reflètent les différentes situations auxquelles le personnel des organisations d’aide doivent souvent faire face de nos jours et dont les lignes directrices existantes ne font pas suffisamment état. Le Chapitre 6 présente sept scénarios qui sont divisés en catégories générales : populations dans des camps, en dehors des camps et en milieu urbain. L’impact potentiel du conflit sur la conception des PAS d’urgence et sur la capacité de les mettre en oeuvre est examiné par rapport à chaque catégorie générale.

 

Camps de réfugiés : les premiers stades de déplacement

Camps de réfugiés : populations stabilisées

Camps pour les populations déplacées à l’intérieur du pays

 

En dehors des camps : populations rurales résidentes

En dehors des camps : populations déplacées

 

Milieu urbain : populations résidentes

Milieu urbain : populations déplacées

 

Des informations supplémentaires figurent dans quatre annexes. L’Annexe 1 indique les principales lignes directrices disponibles, ainsi que des textes clefs pour les lecteurs qui désirent étudier la documentation sur les PAS d’urgence. Les Annexes 2, 3 et 4 présentent des listes de contrôle à utiliser lors de la mise en oeuvre de PAS d’urgence.

Cette revue cherche à présenter une vue d’ensemble accessible, qui facilitera la mise en contexte d’une grande partie des informations fournies par les lignes directrices techniques disponibles. Grâce à elle, les lecteurs réaliseront qu’il y a peu de règles absolues en matière de conception et de mise en oeuvre de PAS d’urgence. La règle la plus utile est probablement qu’une évaluation préalable complète des facteurs propres au site et à la situation concernés est essentielle.

L’une des difficultés principales que pose la préparation d’une revue telle que celle-ci consiste à identifier ce qui constitue effectivement une méthode performante dans le domaine de l’alimentation supplémentaire d’urgence. Notons parmi les éléments qui contribuent à aggraver la difficulté :

  • de nombreux aspects des programmes provoquent beaucoup de controverses, les opinions devant autant au milieu professionnel et à la philosophie organisationnelle qu’aux résultats de recherches empiriques
  • certains aspects des méthodes des PAS d’urgence s’inspirent d’hypothèses qui n’ont pas vraiment été mises à l’épreuve, mais qui continuent à avoir de l’emprise
  • des recherches s’imposent dans plusieurs domaines importants afin d’améliorer l’efficacité des PAS, mais les situations d’urgence se prêtent rarement à la conduite de recherches scientifiques
  • des facteurs politiques et institutionnels peuvent l’emporter sur les considérations techniques et déboucher sur des programmes dont la conception moins qu’optimale est reconnue
  • rares sont les organisations d’aide qui rédigent une documentation suffisante sur leurs expériences de la mise en oeuvre de PAS d’urgence et plus rares encore celles qui publient de telles informations, ce qui rend difficile un débat bien informé
  • des facteurs propres aux différents sites et populations font que l’interaction entre chaque population bénéficiaire et le PAS d’urgence connaît des variations importantes.
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